samedi 25 décembre 2010

Le captain s'est envolé

ca faisait des années qu'il vivait reclu dans le désert, ne faisant plus de musique. trop occupé à peindre. On avait presque oublié qu'il était encore vivant et c'est sa mort qui nous l'a rappelé...
Captain Beefheart s'en est allé cette semaine.
Ami de Franck Zappa et découvreur de Ry Cooder (qui fut le premier guitariste du "Magic Band" qui accompagnait le Captain), il a passé une bonne partie des années 60 et 70 à explorer, déconstruire, marrier blues primitif et jazz d'avant-garde... Comme beaucoup d'artistes underground, son manque de succès commercial à l'époque est inversement proportionnel à son immense influence sur les artistes des générations suivantes.
Un dernier souvenir en live dant de 1973 : Click Clack

mercredi 22 septembre 2010

Back in the garage...

Je me suis levé ce matin avec cette étrange envie d'écouter du garage rock, de recevoir une dose d'énergie primitive assénée par un groupe (presque) amateur des 60's.
Une fois assouvie ma pulsion, j'en profite pour balancer un petit Top 5 de garage rock :

Mouse and the Traps, a public execution
Le chanteur a juré qu'il n'avait jamais écouté "Like a rolling stone" (!!!)... Bon, au delà de l'emprunt évident, il reste un titre plutôt accrocheur

The Count Five, you must believe in me
Un groupe exhumés par Lester Bang dans un livre, et surtout connu pour leur (mini) tube Psychotic Reaction

Question Mark and the Misterians, 96 tears
Le top en matière d'orgue...

The Sonics, Strychnine
Une énergie incroyable et un classique repris plus tard par les Cramps

The 13th floor elevators, You're gonna miss me
Une définition même du rock : fougue, énergie... un classique parmis les classiques

jeudi 16 septembre 2010

Histoire de bootlegs


"Ha ma bonne dame... la piraterie c'était mieux avant..." pourrait nous dire un vieux rockeur fatigué.
Car oui, avant Internet, avant le téléchargement et même avant Napster (mais qui se souvient de ça ?), la piraterie ça avait de la classe. Rien à voir avec le dernier album de Metalica pris sur le net pour l'avoir sans payer; c'était une histoire de passionnés, de fans qui récupéraient des bandes inédites ou qui enregistraient des concerts sous le manteau pour les sortir en douce. Le résultat donc : le bootleg, un produit nouveau, différent de ce qu'on trouve dans le commerce, avec parfois une qualité sonore aléatoire mais qui peut se révéler souvent être une véritable perle.
Les historiens du rock considèrent que le premier Bootleg est The great white wonder de Bob Dylan, un concert sorti vers 1968, qui doit son nom à sa pochette originellement toute blanche


Par la suite, le phénomène s'est répandu à l'ensemble des artistes de rock et on considère que le groupe le plus piraté est les Rolling Stones.


Mais sur le sujet rien ne vaut la parole d'¡un expert. Je cède donc la parole à Alian Gaschet, auteur du livre Bootleg, les flibustiers du disque, et lui-même ancien bootleggeur. Vous trouverez ci-dessous les deux parties de son interview radio sur le site de Libération, avec témoignages et extraits musicaux. Passionnant...

Interview 1e partie
Interview 2e partie

mardi 14 septembre 2010

Des souris et de la pop


ou l'un des secrets les mieux gardés de la pop anglaise.
Durant ses trois anneés d'existance (1988-1991), The Field Mice n'a quasiment publié que des EP et des singles. Leur seul album complet (avec dix titres) ne sortira que lorsque le groupe était déjà sur le point de se séparer.
De leur vivant, les londoniens ne connaitront qu'un succès d'estime, jamais les premières places des charts, malgrès une capacité à pondre des perles pop avec une régularité impressionante. Cela ne s'arrangera pas après leur split. Leurs disques, devenus introuvables, deviendront le graal de collectionneurs prêt à débourser des petites fortunes; jusqu'à ce qu'un label indépendant décide de leur dédier une compilation en 1999 Where'd you learn to kiss that way?. Leur discographie sera ensuite rééditée en 2005 enrichie de bonus tracks.
Musicalement, nos souris des champs pratiquaient une pop aux mélodies angéliques et à la grâce incroyable. On ne peut s'empêcher de penser que ces gus méritaient le même succès (voir plus) que les Stone Roses ou les Housemartins. Mais comme cela n'arriva pas, The Field Mice est aujourd'hui un de ses trésors qu'on garde jalousement et qu'on partage avec quelques élus triés sur le volet.

Extraits :
Emma's House
Sensitive
If you need someone
Coach station reunion

mercredi 25 juin 2008

Le Sergent Pepper’s latino


C’est comme cela que l’on surnomme parfois l’album Siembra, paru en 1978 et fruit de la rencontre entre Ruben Blades et Willie Colon.
Dans les années 70, Ruben Blades était un jeune chanteur de salsa venu de son Panama natal tenter sa chance à New York. Après avoir travaillé avec divers orchestres (dont celui de Ray Barreto), il croise la route d’un des grands noms du genre : Willie Colon. Les deux compères signent un premier album en collaboration Metiendo Mano, sous-titré "Willie Colon presents Ruben Blades", puis s’attellent à la production de Siembra.
Dans cette œuvre, la volonté de repousser les frontières de la salsa est flagrante. Le premier titre, Plastico, commence avec une ligne de basse funky puis glisse vers la salsa. Et tout le reste du disque est marqué par des instrumentations recherchées et des chœurs vocaux fignolés, avec quelques influences pop et psychédéliques.
Mais l’expérimentation n’est pas seulement formelle, elle touche aussi les thèmes abordés dans les textes. Au lieu de se cantonner seulement aux histoires d’amour ou aux appels à faire la fête chers aux salseros, Ruben Blades fustige le matérialisme des sociétés américaines (Plastico), encourage à semer les graines d’un conscience politique chez le peuple (Siembra), ou encore raconte des histoires de voyous comme dans les films noirs (Pedro Navaja)… résultat l’album reste un des plus novateurs et les mieux vendus de l’histoire de la musique latino-américaine.

extrait : Pedro Navaja

mardi 24 juin 2008

Rendre à César… (et aux Meat Puppets)


Plateau, Lake of fire, Ho me. Qui ne s’est jamais demandé d’où sortaient ses perles présentes sur l’Unplugged de Nirvana ? Beaucoup ont sûrement pensé qu’il s’agissait de quelques inédits sorti des réserves de Kurt. Mais ceux qui ont fouiné un petit peu seront tombé sur ce groupe méconnu et pourtant génial : the Meat Puppets, et sur leur deuxième album sobrement et logiquement intitulé Meat Puppets II, sorti en 1982.
Le début des années 80 donc, lorsque une poignée de punks excités et désireux d’aller un peu plus loin que leurs collègues jetaient les bases de ce qu’on appellerait plus tard le rock alternatif : Black Flag, Husker Düe, Replacements… et parmi eux les Meat Puppets qui après un premier album respectant scrupuleusement les lois du punk hardcore, décidèrent d’ajouter un peu de country, et même un peu de mélodie à leur tambouille, tout en gardant bien sûr un son complètement crade et amateur.
Vous êtes donc là en présence d’un album qui annonce les épisodes à venir de l’histoire du rock alternatif américain, mais qui passa inaperçu lors de sa sortie. On imagine donc facilement Kurt Cobain, à la veille de son passage sur MTV, se demandant quoi faire de sa célébrité, et d’un coup se dire "faisons connaître les Meat Puppets aux gamins", histoire de rendre à césar ce qui appartient à césar…

Extrait : Plateau

Réhabiliter Pearl Jam


Pendant les années 90, il était chic de détester Pearl Jam. Pensez donc, un énième groupe de Seattle, qui présente bien et qui triomphe commercialement sans n’avoir rien inventé réellement, vu que Dinosaur Jr, Pixies et surtout Nirvana était déjà passé par là. Ils étaient donc nombreux (dont votre serviteur) à ne voir en Eddie Vedder qu’un clone de Kurt Cobain à la solde de MTV (les similitudes dans la voix n’aidant pas notre pauvre Eddie).
Puis un jour, il nous est venue l’idée d’écouter sérieusement la musique proposée par le groupe. Et là… Ho surprise… la bête a plus de caractère qu’on ne l’imaginait ; surtout si on se penche sur le deuxième album du groupe, Vs. En 1993, Pearl Jam jouissait donc d’un large succès grâce à un premier album agréable (Ten) qui réunissait les lois du genre grunge : guitares saturées, voix éraillée, mélange d’influences punk et 70’s… Mais pour sa deuxième livraison, le groupe décide d’amener les mêmes ingrédients un peu plus loin, et d’y ajouter plus de personnalité. Et le résultat donc : Vs, qui commence avec l’épique Go pour finir sur l’intime Indifference. Entre les deux : du gros riff qui tache (Aninal, Glorified G…), une paire de magnifiques ballades (Daughter, Elderly woman) et même un peu de rythme sautillant (Rearviewmirror), bref un excellent disque de rock ni plus ni moins.

Extrait : Daughter