mercredi 25 juin 2008

Le Sergent Pepper’s latino


C’est comme cela que l’on surnomme parfois l’album Siembra, paru en 1978 et fruit de la rencontre entre Ruben Blades et Willie Colon.
Dans les années 70, Ruben Blades était un jeune chanteur de salsa venu de son Panama natal tenter sa chance à New York. Après avoir travaillé avec divers orchestres (dont celui de Ray Barreto), il croise la route d’un des grands noms du genre : Willie Colon. Les deux compères signent un premier album en collaboration Metiendo Mano, sous-titré "Willie Colon presents Ruben Blades", puis s’attellent à la production de Siembra.
Dans cette œuvre, la volonté de repousser les frontières de la salsa est flagrante. Le premier titre, Plastico, commence avec une ligne de basse funky puis glisse vers la salsa. Et tout le reste du disque est marqué par des instrumentations recherchées et des chœurs vocaux fignolés, avec quelques influences pop et psychédéliques.
Mais l’expérimentation n’est pas seulement formelle, elle touche aussi les thèmes abordés dans les textes. Au lieu de se cantonner seulement aux histoires d’amour ou aux appels à faire la fête chers aux salseros, Ruben Blades fustige le matérialisme des sociétés américaines (Plastico), encourage à semer les graines d’un conscience politique chez le peuple (Siembra), ou encore raconte des histoires de voyous comme dans les films noirs (Pedro Navaja)… résultat l’album reste un des plus novateurs et les mieux vendus de l’histoire de la musique latino-américaine.

extrait : Pedro Navaja

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